ARTIFICES 

Avec Cléo Verstrepen, Thomas Vauthier et Corentin Laplanche

Exposition

Galerie La Capela

2017

 

L’exposition Artifices / jo-ha-kyu 2 a été présentée à la Galerie La Capela au mois de mars 2017, dans le cadre du programme FLUXUS_TOUJOURS. Quelques semaines après la présentation japonaise de jo-ha-kyu, ce projet mené en compagnie de Cléo Verstrepen, Thomas Vauthier et Corentin Laplanche se fonde sur l’absurdité même de constituer une suite en forme de second épisode à cette production sur le cours des temps, d’un état initial à son renouveau, et se présente plutôt comme un prolongement de celle-ci, préférant l’adaptation au reliquat. Reproduisant les trois phases de ce même protocole par des médiations différentes, l’occupation de la galerie est rythmée d’artifices, des pyrotechnies visuelles de la catastrophe aux débats de l’après-monde, emplis de figures médiatiques et de rôles sociaux inversés. Tout en répliquant certains des dispositifs présentés à Kyoto, qu’il s’agisse de l’utilisation des couvertures de survie comme abri-écrans ou porte-voix ou des images montées du confessionnal, cette exposition présente surtout des créations originales poursuivant la réflexion entamée durant la semaine de résidence kyotoïte et la chargeant des expériences de cette première monstration. C’est ainsi qu’interviennent des performances virtuelles et distanciées, par écrans interposés et à fuseaux horaires décalés, tant pour prendre part aux échanges parisiens que pour recouvrir l’espace de voix de surveillance scrutant, commentant ou sermonnant les faits et gestes de chacuns, ou de projections instantanées de textes en cours d’écriture, les spectateurs pouvant observer à distance mes corrections, mes choix et mes paresses. Enfin, dans ce même cadre, a été projetée une performance captée à la galerie Yokai SOHO, à Kyoto, lieu de la première exposition, et retransmise en direct via Skype où l’on retrouve tout à la fois une scénographie proche du décorum initial et les premiers participants de la session japonaise, la danseuse Meri Otoshi et le musicien Wataru Sato. Leur performance est rejointe par une lecture simultanée d’un extrait de Regarder Voir, celui là même dont avaient été issues les deux phrases surplombant cette création musicale et chorégraphique dans sa première représentation. Alors, dans l’élan du direct et par delà la nuit séparant le lieu de captation et l’espace de diffusion, la virtualité saisit quelques choses de la combustion simultanée des sons, du corps et de la voix au gré d’images saccadées et d’échos saturés, de couvertures de survie soulevées et de danses éplorées.

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